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MEVLANA – Mawlâna Jalâl Ud-Din Rûmi – Le banquet

Qui peut se rassasier de la vue de ce visage ?
Qui se lasserait de contempler notre jardin ?
Ô toi dont la justice a rendu florissant le ciel !
Ô toi dont la grâce a rempli le jardin jusqu’aux bords !
Ô vous à l’esprit subtil ! Montrez votre visage.
Car nous sommes sans vous las de notre vie.
Répandez cette abondance de suavité,
Afin que partout où se trouve un mendiant il devienne rassasié.
Au banquet où tu nous invites à la résignation, il est une douceur
Qui rassasie l’âme et les yeux des prophètes.
Comment le poisson se lasserait-il de l’eau ?
Comment les créatures seraient-elles rassasiées de Dieu ?
Ne te hâtes pas de t’enfuir : tu es une pierre philosophale
Et le cuivre aspire à être saturé par la puissance de cette pierre.
Il y a une table autre que celle de ce monde,
Destinée à nourrir les saints de mets délicieux.
Depuis que mon âme a goûté à la peine qu’il cause,
L’amour de cette peine a rendu mon âme lasse du contentement.
Car Salomon est devenu las de la souveraineté,
Mais Job ne s’est pas lassé de subir le malheur.
Quel est cet artifice, quelle est cette mascarade ?
Est-ce l’affamé ou le rassasié qui est le plus rare ?
Sois silencieux, et renonce aux ruses !
N’es-tu pas las, enfin, de toutes ces tromperies ?

Rûmi
(Odes Mystiques)

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