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AYTEKIN KARACOBAN – UN TABLEAU DE PICASSO

Devant les yeux de fou, les regards perçants de Picasso, nous avons mis dans son tableau notre naissance de nos cendres. Nous avons effacé l’espace de la ville. Le verre, l’acier et la plastique était désormais un vieille histoire. Du jeu des lampadaires avec le rideau nous avons volé les ombres et collé à nos peaux, dans l’accompagnement de l’orchestre de la géometrie. L’angle obtus était tes bras. L’angle aigu était mon blottissement. Le losange était notre recherche d’un troisième point de retrouvaille. La tangente était la neige brûlante que tu avais apportée de tes montagnes. Le triangle était mes cheminées de fée. La ligne droite était ton imagination grande ouverte. La ligne brisée était ma poésie trébuchée. Le point était le lieu de départ de notre voyage sans temps, sans espace.

Dans le fond, l’Amérique frappait les afghanes cette fois-ci. Dans le fond, l’homme était une araignée; elle tissait notre déception. Dans le fond, l’Israel ruminait sa mémoire. Dans le fond l’Afrique était toujours l’esclave de la famine. Dans le fond les tours s’écroulaient, on brûlait notre confiance en l’homme.

Et Picasso regardait notre tableau sans ciller.

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