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AKGUN AKOVA – VUE A VOL D’OISEAU (LE REGARD D’OISEAU)

ton regard mon amour
ton regard
c’est l’hirondelle qui flane joue contre joue avec les nues
c’est l’albatros qui connait le sens des precipices
c’est le pigeon qui fait la revolution du soleil pendant les
jours pluvieux
ton regard
c’est la tourterelle qui aime avec ma voix dans la cabine
telephonique
c’est la grue qui traverse sur le tonnerre
c’est l’aigle qui bat de l’aile au-dessus de la lutte pour la vie
ton regard mon amour
ton regard
c’est la cigogne qui dit
« pour me retrouver, je dois voler vers de lointains horizons »
c’est le moineau qui dit
« si tu t’eloignes, tu perds ce qui est pres de toi »
c’est la mesange qui s’attache trop aux belles lettres de mon
jardin interieur
mon amour
ton regard
c’est la fauvette qui raconte les histoires des longues branches
aux herbes courtes
c’est le chardonneret qui concurrence les simples cerfs-volants
de mon enfance
c’est le paon qui passe lentement devant le miroir

mon amour
ton regard est le pinson qui guette le ciel dans lequel la
lumiere est quelque part dechiree
c’est l’aloutte qui cherche son nid au sous-sol du gratte-ciel
c’est le pic qui frappe les tetes dures comme du bois
mon amour
ton regard c’est la mouette qui pleut sur les navires de guerre
il est l’oie sauvage qui entreouvert la nuit par le sifflement
de la vie tant que la nuit s’aime, son aile saigne
il est le pelican surreel,
c’est un pelican qui perce des canaux d’adduction d’eaux
dans le ciel
ton regard est le martin-pecheur qui dit que
« tu es le plus grand poisson que je peche »

mon amour
ton regard
c’est la grive qui se pose sur les arbres que j’embrasse un a un
c’est la caille qui quitte trop tot la bande
c’est la perdrix qui dort sur la gazelle
mon amour
ton regard est l’abondance d’humidite des pluviers
c’est l’orfraie qui connait la philosophie des astres
c’est le perroquet paradisiaque qui fait dormir dans mon lit
l’arc-en-ciel
c’est le rossignol qui est le professeur de musique des oiseaux
ton regard
c’est le rouge-gorge qui chante joyeusement quand les opprimes
et les humilies se revoltent
c’est l’oiseau d’İstanbul qui bat des levres dans l’obscurite du
cinema,
s’il y a un tel oiseau
c’est la pie qui partage son plumage egalement entre le jour et
la nuit

mon amour
ton regard
c’est le bouvreuil qui fauche avec son bec le sourire pour le
malheur
c’est la fauvette qui porte les nouvelles de la feuille au gazon
c’est l’epervier dont l’ombre se projette sur le lac de Van
il est le faucon qui soupire sur la montagne d’Aladağlar
ton regard
c’est le martin-pecheur que les marins ont oublie
c’est le rale d’eau oublies des navigatieurs
mon amour
ton regard est le puffin que je n’oublierai jamais

le ciel en mon visage
s’est reconnu par tes regards remplis d’oiseaux
mon amour ton visage
ton visage
c’est le nouveau journal de bord des anciens oiseaux

(Traduit par Eray Canberk, Andre Bichot et Deniz Eğilli)

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